Thématique 3ème édition – 2014

Les Perturbateurs Endocriniens (PE) et la qualité de l’air

Devenue l’une des priorités de la région Ile-de-France en termes de santé pour les années à venir, la lutte contre les perturbateurs endocriniens (PE) est un véritable enjeux de santé publique. Ils sont présents dans tous les domaines de la vie quotidienne et nous pouvons mettre en place des alternatives pour y être moins exposés et ainsi protéger notre santé.

Définitions par étapes – Allons-y tranquillement

Le système endocrinien est un ensemble de glandes et de groupes de cellules chargé, avec le système nerveux, de maintenir la stabilité interne des animaux, dont les humains, de gérer les différents cycles et de déclencher les réponses adéquates aux stimulations extérieures. Beaucoup de fonctions vitales telles que la reproduction, la croissance, le développement, et le comportement en sont entièrement dépendantes. Le système endocrinien est composé de glandes endocrines.

Les glandes endocrines sont l’ensemble des organes qui sécrètent des hormones (thyroïde, hypophyse, hypothalamus, thymus, pancréas, ovaires, testicules…).

 

Les hormones sont des substances hautement actives qui à leur tour régulent le système endocrinien.

Les perturbateurs endocriniens, expression entrée dans le petit Robert 2013, sont des substances chimiques qui ont la capacité d’interférer avec le fonctionnement hormonal normal des êtres vivants. Ils ont des conséquences néfastes sur la reproduction (stérilité, cancers, malformations) et des effets sur d’autres systèmes endocriniens comme la thyroïde, l’obésité…

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ce sont “des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme.

Les Perturbateurs Endocriniens très connus dans notre vie quotidienne

Chaque jour, nous sommes exposés à un mélange de substances chimiques de synthèse via l’air que nous respirons, la nourriture que nous mangeons, l’eau que nous buvons et les produits industriels que nous nous mettons sur la peau ou ingérons. La grande inquiétude, c’est que même lorsque l’exposition à des composés chimiques isolés reste en dessous du niveau où ils produisent des effets, les études les plus récentes montrent que conjointement, ces substances peuvent «s’additionner» et provoquer des effets “cocktail” potentiellement dangereux. >> plus d’informations sur le site du Réseau Environnement Santé
Voilà quelques PE que l’on retrouve dans notre quotidien :
- les phtalates dans nos revêtements anti-adhésifs,
- le Bisphénol A dans les biberons de nos bébés et nos plastiques alimentaires (interdits depuis 2006 dans les biberons et depuis peu dans tous les plastiques alimentaires),
- le mercure dans nos plombages dentaires,
- les pesticides sur nos fruits et légumes,
- le BHA dans nos chewing-gums,
- les parabens dans nos produits de beauté
Compte tenu de l’énorme diversité des molécules et des récepteurs moléculaires impliqués dans le système endocrinien des espèces vivantes, d’une part, et de l’énorme diversités des produits chimiques utilisés au quotidien, il est facile de comprendre que des interactions néfastes pour la santé aient lieu, et ce à de faibles doses.
L’association Appel de la Jeunesse, qui informe les jeunes à ces questions de santé et d’environnement nous donne des détails sur la présence des PE dans notre quotidien, sur le son site Générations Cobayes.

Pourquoi faut-il s’interroger sur les perturbateurs endocriniens ?

Les perturbateurs endocriniens agissent sur le système de production des hormones et bouleversent ainsi les grands cycles de régulation du corps. Leurs effets, s’ils sont peu à peu connus, sont encore le sujet de recherche car beaucoup de paramètres entrent en jeu. Leurs mécanismes d’action, la multiplicité des substances concernées (effet cocktail) et les voies d’exposition, l’exposition à de faibles doses, dans la durée ou à des périodes critiques du développement (gestation, lactation, puberté, etc.).
Les Perturbateurs Endocriniens (PE) sont impliqués dans ce que l’on appelle les maladies chroniques, c’est à dire des maladies de longue durée qui évoluent en général lentement. Les cancers hormono-dépendants les plus connus (qui dépendent du bon fonctionnement de la production d’hormones) sont le cancer du sein, de l’utérus, de la prostate et des testicules. D’autres pathologies ont été identifiées comme une conséquence de l’action des perturbateurs endocriniens, comme les troubles de la fertilité ou les troubles neurologiques.
L’OMS affirme que ces maladies “modernes”, en pleine expansion constituent une “épidémie [mondiale] de maladies non transmissibles”.

Est-ce une fatalité ?

Non, et heureusement. Selon André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé et chercheur à l’INERIS, la mise en évidence des PE ne doit pas être interprétée comme une nouvelle anxiogène, mais comme une bonne nouvelle, car cela nous donne enfin des clés de compréhension pour agir sur la prévention de maladies graves et ainsi enrayer leur expansion, voire les faire regresser. (…) Il existe des alternatives sans danger pour la santé, agissons pour les mettre en place”

Pour télécharger la brochure complète sur les PE conçue par le RES: pdf ou www.reseau-environnement-sante.org 

Les perturbateurs endocriniens et l’air

 

La qualité de l’air : un bien commun de l’humanité

Première fonction vitale, nous respirons 15 000 litres d’air par jour en moyenne. Nos poumons, véritables filtres d’une surface estimée à 75 m², sont soumis à rude épreuve. Particules fines, dioxyde d’azote et ozone, pour les plus connus à l’extérieur. Perturbateurs endocriniens pour les moins connus, à l’intérieur. La qualité de l’air est aujourd’hui compromise par les activités humaines (trafics routier et aérien, agriculture, industrie, chauffage, …).

Pourtant, l’air pur est un bien commun de l’humanité. Il existe des lois pour nous protéger mais elles ne sont souvent pas appliquées, à tel point que la Commission Européenne a dû rappeler la France à l’ordre pour non respect des règlementations sur les particules fines et sur le dioxyde d’azote. Chaque secteur d’activité se renvoie la responsabilité. La société civile peut considérer qu’elle est prise en otage, face à des pics de pollution qui mettent en danger sa santé. A juste titre d’ailleurs, car les conséquences sanitaires de la pollution de l’air, qu’elle soit intérieure ou extérieure, entraînent statistiquement le décès prématuré de quelques 40 000 personnes en France chaque année et génère un coût annuel estimé à 30 milliards d’euros par an pour la société.

Des perturbateurs endocriniens dans l’air

Les perturbateurs endocriniens, très mobiles, se diffusent dans l’air. Provenant des combustions (les HAP, par exemple, sont issus de la combustion du bois, des voitures et des usines) ou se volatilisant des matériaux (phtalates et bisphénol A sont issus des matières plastiques, les PBDE sont issus des retardateurs de flamme, présents dans les canapés par exemple ou dans le matériel électronique, etc.).

Le rapport Endocrin’air, issu du programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens, a analysé la contamination de l’air et des sols par ces molécules dans la région parisienne. Il en ressort que tous les perturbateurs endocriniens ont été décelés dans l’air ambiant.

Après un tel constat, il est nécessaire d’informer et de sensibiliser la population des risques liés aux perturbateurs endocriniens et d’aider les français à changer leurs habitudes de consommation.

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