Il était une (2ème) fois…. Le mercure dentaire….

Nous sommes nombreux à être encore aujourd’hui exposés au mercure, comme  l’étaient les chapeliers au XIXe siècle

“Tourner du chapeau” ou “Travailler du chapeau” sont deux expressions qui veulent dire “devenir fou, être fou”

Fou comme un chapelier ? Au XIXe siècle, les chapeliers fabriquaient des chapeaux dont la base était le plus souvent en feutre. Le feutre était fabriqué à partir de poils d’animaux et de nitrate de mercure. Ce produit permettait de faire adhérer solidement les poils entres eux. Les chapeliers ainsi exposés quotidiennement au mercure présentaient des symptômes pouvant être assimilés à la folie (perte d’équilibre, maladies neuro-dégénératives, dépression…). Le mercure étant un neurotoxique reconnu.

Encore aujourd’hui en France, un amalgame dentaire (“plombage”) contient 50% de mercure et n’a jamais été soumis à une procédure d’autorisation de mise sur le marché (AMM) comportant des tests de toxicité cellulaire

Le mercure dentaire est un perturbateur endocrinien, il est également neurotoxique. Selon les chercheurs son action de perturbation s’exerce sur plusieurs glandes, les ovaires, les testicules provoquant des troubles de l’immunité, des troubles de la reproduction et un accroissement du cancer du sein.

L’amalgame dentaire a été mis au point au XIXe siècle pour remplacer l’usage de l’or dans le soin des caries. En raison de la toxicité du mercure connue depuis l’antiquité, de nombreux dentistes et médecins se sont très tôt opposés à cette utilisation ; mais les « plombages » se sont peu à peu banalisés grâce à leur coût modique et à la rapide augmentation du nombre de caries résultant des changements alimentaires des dernières décennies.

En France :

Les dentistes français détiennent le record de pose d’amalgames en Europe. Pourtant l’utilisation du mercure est mise en cause par un nombre croissant de scientifiques et d’autorités politiques. Les pays scandinaves ont ouvert la voie de l’interdiction du mercure dentaire et invitent les autres pays européens à les imiter. Cette question est à l’ordre du jour de la révision de la stratégie communautaire sur le mercure, qui est en train d’examiner « le cycle de vie » des amalgames dentaires.

Actuellement, l’amalgame est utilisé dans 70% des obturations dentaires au niveau des molaires et prémolaires. L’Ordre des dentistes évalue à environ 15 tonnes la quantité de mercure mise en bouche chaque année dans les amalgames. Une partie de ce mercure se retrouve dans l’environnement (air et eau), malgré l’équipement d’une certaine proportion de cabinets dentaires avec des récupérateurs d’amalgames (obligatoires depuis 2001) : en 2000, 15 à 20 tonnes de mercure étaient rejetées dans l’environnement par les dentistes. Par ailleurs faute d’équipements de filtration nécessaires, le mercure des amalgames est vaporisé dans l’atmosphère lors des crémations, dont le nombre augmente sans cesse, cette pratique étant considérée à tort comme un acte écologique. Ce mercure dentaire se retrouve en final sous forme de méthylmercure dans le poisson que nous consommons.

En Europe :

Trois pays ont d’ores et déjà banni l’amalgame des cabinets dentaires : la Norvège, la Suède et le Danemark (entre 2008 et 2009), et demandent aux autres pays européens de suivre leur exemple. Dans la plupart des pays européens, l’amalgame est de moins en moins utilisé. Le Conseil de l’Europe a adopté, en juin 2011, une résolution qui invite à « la restriction, voire l’interdiction, des amalgames comme matériaux d’obturation dentaire ».
La révision de la stratégie communautaire sur le mercure menée par la Commission européenne prévoit l’analyse du « cycle de vie » des amalgames dentaires d’ici 2012.

Dans le Monde :

La communauté internationale négocie un traité d’interdiction ou de réduction drastique des utilisations du mercure et de ses rejets dans l’environnement afin d’abaisser l’exposition de la population. L’amalgame dentaire figure, à ce jour, sur la liste C des usages mercuriels à interdire, ce qui est vivement combattu par le lobby dentaire.
A Chiba (Japon), lors de la deuxième session du Comité Intergouvernemental de Négociation (INC2), les pays africains ont adopté une Résolution des Nations d’Afrique en faveur d’une dentisterie sans Mercure. Ils refusent de devenir le « dépotoir de l’amalgame dentaire », au moment où le marché décline dans les pays riches.
Le gouvernement américain s’est prononcé en avril 2011 pour une suppression progressive des amalgames dans le monde entier  : ce sera la position officielle des États-Unis fin octobre 2011 à Nairobi pour la troisième session de négociations (INC3). L’OMS , dans un rapport rendu public en octobre 2011 qui résume sa position pour l’INC3, reconnaît que les enfants sont plus sensibles aux effets neurotoxiques du mercure du fait de leur système nerveux en développement, que l’amalgame a été associé à des problèmes généraux de santé et que la majorité des effets secondaires dus aux matériaux dentaires sont liés aux amalgames dentaires. Elle appelle l’ensemble des pays à passer aux matériaux alternatifs à l’amalgame.

Attention! Il ne faut jamais enlever un plombage sans précautions particulières (voir ici)

Sources et téléchargement du dossier complet sur le mercure dentaire sur le site de l’association Non Au Mercure Dentaire  www.non-au-mercure-dentaire.org ou consulter le dossier de presse au format .pdf

Back to Top